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Un métier complexe, spécifique
à la Bourgogne
Le métier de négociant-éleveur induit à
la fois une notion commerciale (négoce)
et une notion technique (élevage, de plus en plus souvent
jusqu’à la vinification).
Il s’agit d’un métier-clé, qui n'a
quasiment son expression optimale qu'en Bourgogne,
le négoce classique, pratiqué notamment à
Bordeaux, se caractérisant par l'achat de vins aux propriété
ou dans les châteaux, et par leur mise sur le marché.
Des responsabilités techniques de plus en
plus importantes
La tâche la plus importante du négociant-éleveur
concerne l'élevage. Son rôle consiste en effet
à s’occuper d’un vin le plus tôt possible,
depuis la parcelle jusqu’à la commercialisation,
en passant par la vinification et l'élevage. Le rôle
du négociant-éleveur évolue ainsi de plus
en plus en amont, vers une traçabilité totale.
Cette évolution rapproche aujourd’hui la fonction
de négociant-éleveur de celle de viniculteur.
Aujourd’hui, 50% des achats de Boisset Vins & Spiritueux
sont réalisés en raisin. Le reste est composé
de vins en moûts ou de vins finis achetés par le
biais de courtiers en vin spécialisés par appellation.
Avec cette importance croissante du marché des raisins,
et la nécessité pour le négociant-éleveur
de s’y impliquer, la frontière entre éleveur
et vinificateur tend à s’estomper.
Les
liens avec les fournisseurs
La nature du lien entre le négociant-éleveur et
ses fournisseurs varie selon les régions.
Il existe ainsi des contrats d'approvisionnement pluriannuels
qui assurent non seulement une qualité et une implication
du négociant-éleveur dans la culture du vignoble,
mais aussi une collaboration technique et commerciale.
Ces liens peuvent également prendre la forme de partenariats
de conseil, avec mise à disposition d’œnologues
et de responsables filières pour aider les propriétaires,
ou de partenariats privilégiés, avec prime de
qualité pour les viticulteurs.
Le rôle du négociant-éleveur est aussi un
rôle de lissage des hausses et des baisses
de prix, ainsi que des variations du marché.
Les liens avec les clients
Les clients sont répartis par type au sein de la société.
Certains secteurs s'occupent
des particuliers, d'autres des cafés, hôtels, restaurants.
D’autres encore des distributeurs, souvent appelés
grossistes, soit en France soit à l'étranger,
qui eux-mêmes livrent à leur clientèle locale
de cafés, hôtels et restaurants.
Pour les marchés plus lointains et plus difficiles d'accès,
il est d’usage de passer par
des importateurs, qui sont des sociétés souvent
nationales ou régionales de taille assez importante.
La vente se fait également à des chaînes
de distribution organisées, de type grande distribution
et chaînes de cavistes.
Enfin, certaines sociétés évoluent dans
des métiers plus spécifiques, comme la vente par
correspondance et à des sociétés dites
"comptes spéciaux" que sont par exemple
les compagnies aériennes, maritimes, les magasins duty
free et les chaînes hôtelières internationales.
Une fonction stratégique
Le fait d'appartenir à une société comme
Boisset Vins & Spiritueux, fédérant de nombreuses
maisons, impose un exercice de réflexion particulier,
chaque maison devant affirmer et conserver sa propre personnalité.
Parallèlement, l'appartenance à Boisset Vins &
Spiritueux permet d'être présent sur de nombreux
segments du marché et d'avoir des offres qualitatives
et tarifaires variées dans des circuits de distribution
différents.
Les particularités de la Bourgogne
La petitesse du vignoble bourguignon et la variété
des appellations obligent à des centaines voire
des milliers d'approvisionnements de propriétaires différents,
à l'inverse de certaines régions du monde où
la terre est beaucoup plus concentrée.
La structure économique de la région influe également
sur la concurrence, composée
à la fois de négociants-éleveurs, de propriétaires
terriens commercialisant eux-mêmes leurs vins, et de caves
coopératives (en particulier pour les appellations génériques).
Enfin, et comme en Champagne, le négociant-éleveur
bourguignon est contraint à des stockages longs,
pour des vieillissements assez importants. Ceux-ci se révèlent
financièrement très lourds.
Perspectives
En amont le métier de négociant-éleveur
va certainement évoluer encore,
avec une implication croissante dans la vigne.
Techniquement, on s’oriente vers des équipements
de plus en plus spécialisés
et sophistiqués, que ce soit en terme de cuverie de vinification,
d'embouteillage
et d'étiquetage.
Enfin, au niveau économique et commercial le métier
s'intensifiera vraisemblablement, par une mise en avant des
marques, qui sont une garantie pour le consommateur. |
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